Un balcon au soleil sur la vallée de l'Isère
La commune des Chapelles s'étend sur la rive droite de l'Isère, entre Bourg-Saint-Maurice et Bellentre, sur l'adret de la Haute-Tarentaise : le fameux Versant du Soleil, tourné vers les grandes stations et les sommets de la Vanoise. Son territoire de 17,3 km² grimpe de moins de 800 m jusqu'à 2 967 m au sommet du Rognaix, soit plus de 2 000 m de dénivelé.
Plutôt qu'un village unique, Les Chapelles est un chapelet de hameaux : le Chef-lieu, Villarivon, Fendailles, Parchet, Chevrières, Montgirod, Picolard et Couverclaz. Ses quelque 570 habitants, les Chapelains et les Chapelaines, vivent au rythme de la montagne ; en arpitan, la langue savoyarde, le village se nomme Lé Tsapéle. Sa richesse naturelle lui vaut un classement Natura 2000 et une inscription en ZNIEFF, zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Treize chapelles et un clocher à bulbe
Le village doit son nom à son riche passé religieux et à ses treize chapelles, disséminées de hameau en hameau. L'une des plus anciennes, la chapelle de Treicol, dédiée à saint Théodule, existait déjà au XVIe siècle.
L'église paroissiale, dédiée à saint Martin, se reconnaît de loin à son clocher à bulbe, adossé au Dôme de Vaugel. Ces bulbes sont l'emblème du baroque savoyard, qui s'épanouit dans les vallées entre 1650 et 1770 environ ; on dit que leurs formes arrondies aident la neige à glisser.
À Couverclaz, la chapelle du hameau dresse son clocher élancé au-dessus des maisons de pierre : on l'aperçoit depuis les fenêtres de la maison.

Couverclaz, le hameau des voûtes
Couverclaz est l'un des huit hameaux des Chapelles. Selon la tradition locale, son nom évoquerait les passages couverts et voûtés qui longent ses maisons, caractéristiques de l'architecture savoyarde d'autrefois. Toits de lauzes et de tôle, murs de pierre, balcons de bois et ruelles étroites composent un paysage de hameau resté authentique.
Cette architecture se retrouve dans la maison : chambre voûtée au rez-de-chaussée, salle d'eau sous voûte de pierre et très grande cave voûtée ont été conservées et mises en valeur lors de la rénovation. Découvrez-les dans le descriptif de la maison.


Une histoire en quelques dates
- XVIe siècle
La chapelle de Treicol, dédiée à saint Théodule, existe déjà : le passé religieux du village lui donnera son nom.
- 1650 – 1770
Âge d'or du baroque savoyard : les clochers à bulbe, comme celui de l'église des Chapelles, deviennent l'emblème des vallées.
- XVIIIe siècle
Enrichie par la production du Beaufort, la famille Jarre transforme sa ferme de Villarivon, à 1 150 m d'altitude, en véritable maison bourgeoise.
- 1907
Début de l'exploitation de la mine d'anthracite des Chapelles-Montgirod, où trois sociétés vont se succéder.
- Années 1920 – 1930
Des mineurs venus de Valezan et de la Côte d'Aime, mais aussi de Pologne, de Tchécoslovaquie et d'Italie, s'installent au village. À son apogée, la mine emploie jusqu'à 130 personnes.
- 1952
La commune, qui a dépassé les 400 habitants, compte quatre écoles : à Villarivon, à Picolard, à Montgirod et au Chef-lieu.
- 1962
Fermeture de la mine, après environ 600 000 tonnes d'anthracite extraites.
- 1960 – 1990
Avec l'essor des grandes stations de l'autre côté de la vallée, comme La Plagne ou Les Arcs, ouverte en 1968, une partie des habitants quitte le Versant du Soleil pour l'envers.
- 2006 – 2022
La ferme de Villarivon est inscrite au titre des monuments historiques, puis retenue en 2021 parmi les 18 sites emblématiques de la Mission patrimoine.
- Aujourd'hui
Un village tourné vers le tourisme rural et la nature, où l'on vient chercher le calme, le soleil et la vue.
La mine d'anthracite, un chapitre ouvrier
Pendant plus d'un demi-siècle, de 1907 à 1962, la mine des Chapelles-Montgirod a extrait l'anthracite, un charbon courant dans les Alpes du Nord. Elle a profondément marqué la vie du village : arrivée de familles étrangères, multiplication des écoles, puis déclin de la population après sa fermeture. Un livre de Robert Durand, La Mine d'anthracite des Chapelles-Montgirod, lui est consacré.
La ferme de Villarivon, la « maison Jarre »
Au hameau de Villarivon, la ferme dite « maison Jarre » raconte la réussite d'une famille de notables de Tarentaise. Enrichis au XVIIIe siècle par la production du Beaufort, les Jarre ont voulu inscrire leur succès dans la pierre en donnant à leur ferme l'allure trompeuse d'une maison bourgeoise de ville, à 1 150 m d'altitude.
Le domaine réunit deux logis, deux étables, une grange et une chapelle, la chapelle Saint-André. Inscrite au titre des monuments historiques en 2006, protection étendue en 2022 à la chapelle, à la cour, au jardin et au verger, la ferme a été retenue en 2021 parmi les 18 sites emblématiques de la Mission patrimoine pour financer sa restauration. C'est le seul monument historique de la commune.
Le village aujourd'hui
Les Chapelles a gardé son âme de village de montagne : hameaux de pierre, chapelles, jardins et prés de fauche. La commune fait partie du canton de Bourg-Saint-Maurice et de la communauté de communes de Haute-Tarentaise.
Le Sentier balcon des adrets de Tarentaise et la boucle cyclo du Versant du Soleil invitent à découvrir le versant à pied ou à vélo. Et pour tout le reste, Bourg-Saint-Maurice et sa gare ne sont qu'à un quart d'heure : lisez notre guide des environs.



